Le flux migratoire postnuptial diurne à l’estuaire de la Loire

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1 : pointe du Croisic. 2 : pointe de Penchâteau. 3 : pointe de Chémoulin. 4 : Fort de l’Eve. 5 : Fort de Villes-Martin. 6 : port de Donges


Victor LERAY, 19/11/2018

Flèches en bleu :

C’est le flux le plus difficile à détecter car il passe sur un très large front. En principe la migration se fait du Nord ou du Nord-Est vers le Sud ou le Sud-Ouest. Il est impossible de savoir si ces oiseaux arrivent du flux de la Manche ou du flux continental. C’est peut-être un mélange des deux. Les conditions météo en amont peuvent influencer la direction, le débit et l’altitude des vols. L’estuaire de la Loire est un obstacle naturel que les passereaux migrateurs essaient de franchir à l’endroit qui leur convient le mieux, c’est à dire là où la côte en face n’est pas trop éloignée, où la visibilité est bonne pour bien s’orienter, et par vent favorable. En effet un léger vent de face (Sud) ou légèrement de côté (Est) est porteur et facilite le vol. Quand le vent vient du Sud les oiseaux ont tendance à voler très haut, sont difficiles à détecter et peuvent franchir l’estuaire à peu près n’importe où. Souvent on les entend sans les voir. Ils sont aussi plus difficiles à repérer sur fond de ciel bleu que sur fond de ciel nuageux. Les meilleures journées ont été celles de vent venant de la moitié Est. On peut supposer que ce vent déporte le flux vers la côte Ouest. Arrivés  à Batz-sur-Mer les oiseaux tournent à gauche et longent la côte en direction de Saint-Nazaire à la recherche d’un endroit favorable pour franchir l’estuaire. Ce flux resserré facilite les comptages

Flèches en noir :

Nous croyions qu’il y avait un flux longeant la côte de Piriac-sur-Mer à Pen Bron en passant par La Turballe. Ce flux existe mais il est très faible. En réalité le cortège des migrateurs longeant la côte vers l’estuaire de la Loire apparaît à la pointe du Croisic et concerne déjà quelques centaines d’oiseaux qui arrivent  du large sans que l’on sache s’ils viennent des îles de Hoedic, Houat et Belle-Ile ou de la côte sud du Morbihan. Un bon endroit où observer ce flux est le lieu-dit La Falaise (ou La Herpe), prairie à moutons située entre le Croisic et Batz-sur-Mer, là où la distance entre la côte et les marais salants est la plus faible.

Juste avant la pointe de Penchâteau, à quelques centaines de mètres à l’Ouest de celle-ci, se trouve la pointe de Pierre-Plate. Des passereaux partant en mer en direction de la Pointe Saint-Gildas y ont été observés.

A la pointe de Penchâteau le flux a déjà considérablement augmenté car les oiseaux venant du Croisic sont rejoints par de nombreux autres arrivant du Nord ou du Nord-Est. La pointe de Penchâteau est non seulement un entonnoir qui concentre le passage en direction de l’estuaire mais elle est aussi un leurre visuel à cause du chapelet d’ilots et de bancs de sable juste dans son axe ( Les Evens, Les Troves, Baguenaud et Pierre-percée). En effet, et particulièrement à marée basse, les dizaines d’hectares de sable et de rochers qui se découvrent peuvent donner aux oiseaux qui arrivent de loin l’impression qu’il s’agit d’un prolongement de la côte dans la bonne direction. Arrivés à la pointe, les oiseaux se rendent compte qu’ils arrivent à la mer. Ils réagissent différemment selon les espèces. Presque tous prennent de l’altitude et tournent un peu en rond pour s’orienter. Les espèces les plus habituées à voler au-dessus de la mer (les hirondelles par exemple) partent vers Les Evens. Certains jours favorables des oiseaux partent aussi en direction de la Pointe Saint-Gildas. D’autres espèces qui rechignent à voler au-dessus de la mer (merles et grives par exemple) tournent à gauche en direction du port du Pouliguen et contournent ensuite la baie de La Baule.

A ce stade, une partie des oiseaux a donc déjà quitté le cortège, mais entre la pointe de Penchâteau et la pointe de Chémoulin de nouveau oiseaux, plus nombreux encore, arrivent du nord et viennent grossir le flux. Et c’est entre la pointe de Chémoulin et Saint-Nazaire que se fait majoritairement la traversée de l’estuaire. Selon les conditions météo et les espèces, certains oiseaux traversent déjà à la pointe de Chémoulin, mais le gros des troupes passe par le Fort de l’Eve avant de s’éloigner progressivement de la côte et traverser en direction de Saint-Brévin. Il s’avère que c’est la pointe du Fort de l’Eve qui est le meilleur site d’observation, de par le nombre d’oiseaux observés par rapport au temps passé, mais aussi de par les bonnes conditions d’observation car la vue y est bien dégagée. Au Fort de Villes-Martin, à l’entrée de Saint-Nazaire, on peut voir les oiseaux passer au large. Certains arrivent à Saint-Brévin à quelques centaines de mètres seulement du pont de l’estuaire.

De l’autre côté de Saint-Nazaire, à l’embouchure du Brivet (port de Méan), juste avant le pont de l’estuaire, plusieurs prospections ont permis de constater que le passage était quasiment inexistant.

Un flux de moindre importance se reforme à l’Est du pont , en direction de Donges. Les oiseaux longent la Loire vers l’amont et traversent en direction de Paimboeuf. Il est étonnant de voir les vols de passereaux migrateurs, y compris les mésanges, traverser la raffinerie.

Flèches en rouge : les principaux points de passage.


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