Témoignages d’observateurs

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Observateurs à la pointe de Penchateau le 16/11/2016


De Jacki le 13/12/2017 :

Marais de Lyarne. Octobre 2017.

8 h dans ce matin de fin octobre, le jour se lève.

Jean, Joël, Antoine, Yves et Abel sont là dans un brouillard qui laisse à peine 500m de visibilité.

Ce sont mes débuts d’observateur de la migration des passereaux.

Et je vais me rendre compte que le suivi de cette migration est toute une affaire : identifier et compter des oiseaux qui sortent tout d’un coup du brouillard demande une attention et une grande expérience.

Lors des premiers comptages nous étions des observateurs aux compétences très variables. Mon expérience des oiseaux à poste fixe dans de bonnes conditions ne me servait plus à grand-chose. Celles de mes compagnons d’observation nous étaient beaucoup plus utiles. Nous avons donc pu compter quelques centaines d’oiseaux : beaucoup de linottes, des pinsons, des pipit, des étourneaux, des hirondelles, des bergeronnettes, etc.

Mais ce matin d’automne le niveau des observateurs est tout autre et c’est un festival d’oiseaux qui sortent du brouillard.

A partir de 9h30 il s’est levé (le brouillard) et les passages ont continué : alouettes des champs, bergeronnettes grises, bruant des roseaux, bruants zizi, chardonnerets élégants, étourneaux sansonnets, grives musiciennes, hirondelles rustiques (les dernières), linottes mélodieuses, pinsons des arbres, pinsons du nord, pipits farlouses, tarins des aulnes, gros becs, verdiers d’Europe et j’en oublie.

Plus de 5000 oiseaux vont passer dans la matinée, en particulier plus de 2800 pinsons des arbres et plus de 1000 étourneaux.

Et combien d’oiseaux que nous n’avons pas vu ?

Jacki


De Isabelle le 18/12/2017 :

J’ai pu participer en oct nov 2017 au suivi migratoire à Penchateau à de nombreuses reprises.

Que dire de mes impressions: tout d’abord c’est fabuleux!

Capable de reconnaître les oiseaux les plus courants au sol ou dans les arbres , c’est un autre sport que de les compter en vol.

Les premiers contacts se font avec des spotteurs très ouverts pour aider les débutants tels que moi ; l’accueil est chaleureux et bienveillant.

Au fil des matinées passées ensemble, les liens d’amitié se nouent très vites.

Et puis il y a les passages : parfois le ciel est nuageux mais les oiseaux sont faciles à distinguer, parfois le ciel est laiteux et on aperçoit les oiseaux au dernier moment. On sait qu’ils arrivent car ce sont leurs cris ou leurs chants qui nous mettent en éveil : chant d’alouette, cri du pinson des arbres avec mêlé le cri nasillard du pinson du nord, le cri du pipit et son vol qui à Penchateau se fait souvent en diagonale, les cris des tarins si caractéristiques….et ainsi de suite.

Chacun est attentif , l’oreille aux aguets ; certains observateurs les suivent dans leurs jumelles jusqu’à disparaître derrière les arbres . Parfois quand les oiseaux passent par centaines certains ne font que compter et les autres vérifient aux jumelles.

Il y a les jours où notre attente est récompensée par le passage de plusieurs milliers d’oiseaux et les jours sans : la météo est bonne mais les oiseaux ne passent pas. Interrogation entre nous, pourquoi ne passent ils que faiblement ? Mauvaise météo plus au nord ou vent défavorable ? brouillard ou pluie dans le Morbihan ?

Et ainsi petit à petit l’équipe se transforme en Sherlock Holmes : on cherche dans le ciel, on tend l’oreille, on appelle ceux qui sont en bordure de Loire : « as-tu vu le vol de pigeons à 10h 25 chez nous donc vers 10h 45 pour toi ? Ce matin on ne voit pas grand-chose , et toi ?

La passion de la recherche nous saisit et on se plonge dans les résultats de passage à Carolles et ailleurs.

C’est vraiment motivant.

Et puis il y a les levers de soleil magnifiques, les couleurs pastelles puis très vives et nous regardons la nature autour de nous, le passage des papillons vulcain qui eux aussi participent à la migration, les écureuils qui passent sur le chemin , les geais qui font leur provision de glands dans les chênes verts et nous , immobiles , à l’écoute nous savourons ces moments privilégiés.

Les matins arrivent de plus en plus tard, les oiseaux passent de moins en moins ; la migration se termine tout doucement.

L’année prochaine nous seront à nouveau là ; les oiseaux aussi: les mêmes ou d’autres aimantés vers le sud, qu’ils pèsent quelques grammes ou quelques dizaines de grammes, ils nous appelleront de leurs cris : « venez nous voir , venez compter combien nous sommes, nous partons sans bagages, sans provisions, à l’aventure , mais il faut que nous le fassions comme nos parents et comme nos petits de l’année prochaine. »

et nous , nous serons ravis , heureux de passer quelques heures à les contempler dans le vent, dans le brouillard, sous le crachin.

Vivement l’année prochaine!

Isabelle


De Yves, le 18/12/2017 :

Superbe récit Isabelle
J’ai vécu ça à Lyarne, même émerveillement, avec en plus le savoir des autres largement diffusé, sans égoïsme, le partage quoi.
Je n’aurai pas ton talent pour relater ces moments passés ensemble, avec à peu près la même équipe du début à la fin du comptage.
Toujours avec le même sérieux mais aussi dans la bonne humeur.
Je reste émerveillé devant la détermination de ces petites boules de plumes.
Merci à la LPO de nous faire vivre ça, merci à mes compagnons de comptage.
Vivement l’année prochaine.
Yves


De Marie-Renée et Dominique, le 18/12/2017 :

Suivi migration 2016 – LYARNE – Témoignage.

Il fait grand noir lorsque nous partons vers la côte. Une heure de route pour rejoindre Lyarne. Quelle folie nous attire à ce point pour sacrifier notre matinée de repos ? Qu’allons nous voir, entendre ? Les passages sur le site sont plutôt irréguliers à en croire les comptages précédents.

La fraicheur du matin nous saisit sur la petite plateforme. Nous regardons vers le Nord, c’est de là que le flux migratoire doit venir… Les minutes passent. Les premiers oiseaux font leur apparition. L’occasion d’apprendre les premières caractéristiques de vol. Mais les oiseaux virent sur la gauche et vont se poser sur les buissons. Les linottes sont-elles en migration ? Sont-elles sur le site depuis plusieurs jours ? Les premières questions affluent et font prendre conscience de la difficulté. Observer les oiseaux posés dans le jardin et les voir passer au dessus de nos têtes sont 2 choses tellement différentes.

Notre première matinée ainsi que les 2 suivantes qui ont constitué notre participation n’ont pas été à la hauteur de notre espérance. Le flux était très faible et nous ragions de ne pouvoir nous y rendre que le samedi. Mais chaque fois nous avons profité de notre déplacement pour découvrir le marais que nous ne connaissions pas et nous avons chaque fois complété notre expérience de nouvelles observations.

L’année prochaine sera peut être plus profitable.

Suivi migration 2017 – LYARNE et PENCHATEAU – Témoignage.

Loin d’être découragés par nos faibles observations de l’année dernière, nous nous sommes inscrits à plusieurs journées sur le site de Lyarne mais aussi celui de Penchateau. Nous avons découvert cette année les véritables flux migratoires et nous avons appris à reconnaître les migrations rampantes, à observer les flux continus de dizaines d’oiseaux. Nous avons comparé les conditions si différentes des 2 sites, l’espace de Lyarne et le couloir de Penchateau où les oiseaux surgissent au dessus des arbres. Nous avons compris l’identification anticipée à la voix, nous avons découvert des espèces inconnues et appris les caractéristiques des cris grâce à la patience et la gentillesse des plus expérimentés. Et nous avons ri de nous voir au milieu d’un groupe de 7 ou 8 personnes, toutes la tête levée vers la cime des arbres, toutes reculant malgré elles vers le bas de la coulée verte pour gagner un peu de recul et anticiper le comptage des dizaines d’oiseaux qui passaient presque sans discontinuer. Et nous avons compris pourquoi nous reviendrons l’année prochaine.

Marie-Renée et Dominique


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