Echanges de courriels avec nos collègues

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24/09/2017 Victor Leray.  Intéressé par ce qui se passe en amont de Penchateau j’ai contacté Michael Dryden le coordinateur du site de Noirmont Point au sud de Jersey. Les oiseaux qui passent là-bas passent probablement aussi chez nous. Mais d’où viennent les oiseaux qui arrivent sur Jersey et quelle direction prennent ils lorsqu’il quittent l’île ?

Bonjour,

I am interested in the migration of passerines on the west coast of Europe and therefore I read your daily report about Noirmont Point in trektellen.nl  Do you know if the passerines you see come from the continent after having followed the french coast in Calvados and Manche/Cotentin. Do any of them could arrive directly from the south of England (Cornwall, Devon…) ? When they leave the Noirmont Point do they fly to the south towards Ille-et-Vilaine or do they fly back to the Manche/Cotentin coast (Granville…) ? If any study has been published on this topic I’d be interested.

Best regards.

La réponse de Michael le 26/09/2017 :

Hi Victor.

Thanks for your interest in our migration at Noirmont.

I have been responsible for the running of this constant effort each Autumn since 2004.

There is no published document which covers this study yet, although I do have a great deal of data and one day when I find the time …………….. !  The figures are published in our annual Jersey Bird Report, by the way.

To try to answer your questions:

We believe that the direction of arrival of our migrants is largely dictated by the wind direction and position of passing depressions, or anticyclones. Our prevailing wind is South-West and most of our migration period sees the passage of birds which we believe originate in Great Britain and certainly, ringing returns support this. Our commonest migrant is usually the Barn Swallow and many of these carry GB rings, as do Sedge Warblers ( also from Ireland). When winds turn into the East ( which is what we pray for) we see species of birds which are not British, such as Ortolan Bunting, Wryneck, Tawny Pipit, Honey Buzzard etc. This Autumn has been unusual as we have been finding Continental birds such as those mentioned here, even in Westerly conditions. I believe that this is due to the depressions being more southerly than usual and thus birds leaving Scandinavia are moving East on the North side of these depressions across the North Sea and arriving in GB from where they move South over us. To summarise, we receive birds from both GB ( mainly the South-West, Cornwall, Devon etc)  and to a lesser extent, from the French coast of Normandy when winds are more Easterly.

Noirmont Point is a natural magnet for birds flying South as it is the most southerly headland in the Channel Islands. Birds arrive at all points on the North Coast of Jersey and funnel down to Noirmont. On most occasions these birds leave Noirmont on a South-East track which takes them towards Chausey and Granville/ Carolles etc. Woodpieons generally seem to head SW though, towards Brittany.

If we can be of more help. please feel free to contact me.

Regards

Mick Dryden

Chairman

ornithology Section

Societe Jersiaise  


14/11/2017 Victor Leray.  Demande d’information complémentaire à Michael Dryden de Noirmont Point/Jersey. Les passereaux qui quittent la pointe de Penchateau vers la mer prennent de l’altitude. Y a-t-il le même comportement à Noirmont Point ?

Hi Mick,

We have watched the migration of passerines at Pointe de Penchateau / Le Pouliguen  (Loire-Atlantique) every day in October. These birds follow the coastline till they find a proper place for crossing the mouth of the river Loire. We noticed that many flocks of passerines gain height when they leave the headland for crossing the sea towards Pointe de Saint-Gildas or Noirmoutier Island. Some birds seem to reach quite a high altitude. We think they may be looking for a better wind. It could also be an anti-large gull strategy. In France we have several records of large gulls chasing an catching small birds over the ocean. Do the passerines leaving Noirmont Point have such a behaviour ?

I thank you in advance.

Best regards.

 La réponse de Michael le 15/11/2017 :

Hi Victor.

Generally, flocks of birds leaving from Noirmont will climb up as they depart, the variable being the wind strength. If the wind is strong from the north or north west ( a tailwind) they may go over high up and then climb even higher. If they are flying into a south wind and it is strong they will mainly descend to sea level to reduce the headwind.

Sorry this is a little brief but I am travelling in Madagascar at the moment and internet connection is difficult. I will be at my house in South Africa afer the 25th November where connection is better  and time less limited!

All the best

Mick


02/11/2017 Victor Leray.  A l’attention de Jean-Luc Lemonnier, notre collègue de la région de Quiberon (Morbihan)

Bonjour,

Je m’intéresse à la migration diurne des passereaux en automne et, à cause de cela, je visite régulièrement le site web Trektellen où vous publiez vos comptages à Beg en Aod. Vous comptez surtout les oiseaux de mer, mais je constate que vous mentionnez aussi les passereaux. Nous comptons les passereaux à la pointe de Penchâteau sur la commune du Pouliguen (44) et cette année nous l’avons fait tous les jours en octobre. A cet endroit les passereaux longent la côte et cherchent un endroit favorable pour franchir l’estuaire de la Loire. Les gros sites en amont du flux migratoire sont : les falaises de Carolles (50), Noirmont Point (Jersey) et La Cotentin (22). A la pointe de Penchateau nous ne retrouvons que moins de 10% des oiseaux qui passent par les sites précédemment cités. Soit les oiseaux hivernent en Bretagne soit ils passent par une route que nous n’avons pas encore découverte. Nous nous demandons s’il n’y aurait pas une voie de migration qui passerait par Quiberon puis par le chapelet d’îles : Belle-Ile, Houat et Hoedic. Avez-vous remarqué un flux de passereaux qui passerait par Quiberon, ou plus à l’Est par les pointes de Saint Jacques ou de Penvins ?

Je vous remercie d’avance.

La réponse de Jean-Luc le 10/11/2017 :

Bonsoir Victor,

voilà bien longtemps que cherche cette voie qui longerait la côte sud de la Bretagne, et après bien des tentatives, je suis maintenant persuadé qu’elle n’existe pas… Je connais bien Carolles, étant originaire de ce coin. Je vous rédige d’ailleurs ce message de retour d’une petite visite en baie. Dès le verrou de Carolles passé, les oiseaux s’éparpillent dans un vaste éventail. Pour les oiseaux les plus en altitude, la côte sud est déjà presque visible, la traversée de la péninsule bretonne doit donc se faire un peu en tout point. Le rôle de la  presqu’île de Quiberon est un peu celui d’un filet de bagueur : quand le vent souffle d’est, les oiseaux ayant débouché plus à l’ouest remontent le vent : certains via les îles, certains en bord de côte, certains même un peu plus dans les terres. Arrivés sur la barrière de Quiberon, certains traversent tout droit (le plus souvent les plus au nord), certains suivent le littoral en s’engageant vers le sud, mais d’autres vers le nord. A Beg en Aod, je vois surtout des oiseaux arrivant de la mer (grosso modo Groix et plus au large) et qui remontent la côte vers le nord. A Beg er Lan, le passage est souvent vers l’est, mais les oiseaux arrivant du nord ont des trajectoires pour le moins hésitantes lorsqu’il s’agit de « reprendre la mer ». Au Conguel, c’est un vaste b…el, je n’y ai jamais rien compris. Mardi matin, avant de compter à Beg en Aod, je me suis arrêté à Penthièvre une bonne demi-heure : des grives en vers le nord-est, des pinsons vers le nord, des étourneaux vers le sud. Pour le moins étourdissant. Pourtant, je continue à creuser. Les quelques copains que j’ai déjà traîné dans l’aventure me laissent maintenant creuser tout seul. Je pense que le vent d’est à Penthièvre ou à Pen er Lé peuvent donner des chiffres, mais rien qui permettra jamais d’arriver à la cheville de Carolles.

Bel automne à vous,

JLuc

 La réponse de Victor à la réponse de Jean-Luc le 11/11/2017 :

Bonsoir Jean-Luc,

Je vois que nous sommes rongés par la même curiosité : porte nord de la Bretagne aux falaises de Carolles 600 000 passereaux au moins, porte sud de la Bretagne, pointe de Penchateau 60 000 seulement. Ici, le flux est homogène : 99% grosso-modo d’Ouest en Est. Les 60 000 passereaux passent sur 350 mètres de large.  D’où viennent-ils, où vont-ils ? Nous avons beau étudier le phénomène depuis quelques années, il reste bien des mystères. Nous comprenons un peu mieux comment se déroule cette migration en Loire-Atlantique, mais je pense qu’il faudra encore quelques années de recherche. Cette année en octobre à Penchateau nous avons fait pour la première fois les comptages 7 jours sur 7. Il s’avère que la pointe de l’Eve est encore plus intéressante. Nous avons fait quelques comptes comparatifs.

Le différentiel entre Carolles et Penchateau est-il le même tous les ans ? Ou est-ce une année exceptionnelle avec plein de nourriture disponible qui bloquerait les passereaux pour hiverner en Bretagne ?  En hiver 2016-2017, par exemple, une fructification exceptionnelle des hêtres a bloqué beaucoup de Pinsons des arbres et presque tous les Pinsons du Nord en Europe du Nord-Est.

Après tout, 1 000 000 de passereaux répartis sur les 34 000 km2 de la Bretagne, cela ne fait que 30 passereaux par km2 et cela peut passer inaperçu.

J’espère que nous continuerons à échanger des informations sur ce sujet passionnant.

Cordialement.


02/11/2017 Victor Leray.   Le site de Brassoir, au nord de Paris, se trouve entre deux forêts. Comment réagissent les oiseaux migrateurs face aux gros massifs forestiers ? Qu’en pensent nos collègues de Brassoir ?

Bonjour,

Je m’intéresse beaucoup à la migration diurne des passereaux et je regarde tous les jours les résultats du comptage à Brassoir sur migraction.fr Dans la description du site vous indiquez que vos observations sont faites entre deux massifs forestiers. Pensez-vous que les passereaux évitent de survoler les forêts et se concentrent dans ce couloir, ou pensez-vous que le passage soit uniformément réparti, mais qu’il soit plus aisé d’observer le flux dans le couloir car la vue y est dégagée ? Y a-t-il eu des prospections depuis les clairières pour vérifier si les oiseaux survolent la forêt ?

Je vous remercie d’avance pour votre réponse et vous félicite pour la qualité du suivi de votre site.

Cordialement.

La réponse de Henry de Lestanville le 06/11/2017 :

Bonjour Monsieur,

Le site de Brassoir, malgré sa situation est surtout spécialisé dans les oiseaux de plaine, qui empruntent ce goulet très étroit et ce mini col  pour migrer,  d’où parfois des concentrations très élevées en alouettes , vanneaux, étourneaux, corbeaux freux…

Les oiseaux forestiers (pinsons, pigeons,…) en fonction des conditions météo passent majoritairement au-dessus des forêts, soit parfois en lisière, en fonction de la météo.

 Cela a été mis en évidence il y a quelques années par une étude comparée entre Brassoir et la forêt de Compiègne par les frères Sengez.

 Cdt

Henry de Lestanville

Coordinateur site de Brassoir


26/10/2017 Victor Leray.  Sur trektellen.nl on peut lire les chiffres de La Cotentin (Planguenoual) près de Saint-Brieuc. Apparemment on retrouve sur ce site une partie des effectifs de Carolles. Mais où vont ensuite ces oiseaux ? Je demande l’avis de nos collègues des Côtes d’Armor.

Bonjour,

Je m’intéresse à la migration diurne postnuptiale des passereaux. Je consulte tous les jours les chiffres que vous publiez sur trektellen.nl  Je suis impressionné par ces chiffres. Comme je ne connais pas votre lieu d’observation je me permets de vous poser quelques questions. Le flux des passereaux longe t’il le littoral depuis Erquy en direction de Saint-Brieuc ? Avez-vous l’impression que des oiseaux arrivent du large, de la Grande-Bretagne par exemple ? Pensez-vous que les oiseaux qui arrivent à La Cotentin sont ceux qui sont passés aux falaises de Carolles auparavant ? Est-il possible que ces oiseaux fassent le tour de la Bretagne avant de repartir vers le sud, ou bien restent ils en Bretagne pour hiverner ?

Y a-t-il déjà eu des publications faites sur ce sujet (disponibles sur internet) ?

Je vous remercie par avance et vous félicite pour votre implication dans le comptage des migrateurs à La Cotentin.

Cordialement.

 La réponse de Irène Negre le 27/10/2017 :

Bonjour,

En effet le site de la Cotentin est un site intéressant pour la migration postnuptiale des passereaux.

Il est par contre difficile de connaître de manière exacte le trajet des individus observés sur ce site, il ne s’agit donc que de suppositions.

Nous pensons en effet que le flux suit (grossièrement) le trait de côte, un peu moins depuis le large. Nous pensons effectivement qu’une partie (quel pourcentage, nous ne savons pas) est passé par les falaises de Carolles avant. Nous constatons cela surtout pour des espèces moins courantes ou les irruptions (gros passage de grosbecs, de tarins, mésanges noires…) où nous observons quelques jours plus tard ce qui semble être les mêmes groupes d’oiseaux (mais dans une moindre mesure).

Nous pensons qu’une partie des oiseaux continue vers le sud et une partie reste hiverner en Bretagne, mais cela dépend des espèces (p. ex. une partie des Pinsons des arbres restera en Bretagne, ainsi que pour une partie des Etourneaux sansonnet).

Vous trouverez en PJ deux articles sur le sujet que nous avons publié ces dernières années.

 Cordialement,

 Irène Nègre

Groupe d’Etudes Ornithologiques des Côtes-d’Armor (GEOCA)


04/01/2018 Victor Leray. Les oiseaux migrateurs qui passent par la Colline de Sion (Meurthe-et-Moselle) sont sur une voie migratrice nettement continentale. Vont ils ensuite vers l’Atlantique ou la Méditerranée ? J’interroge nos collègues.

Bonjour,

Je m’intéresse à la migration postnuptiale diurne des passereaux et je regarde presque tous les jours en saison, sur migraction.fr les comptages que vous effectuez à la colline de Sion. Je vous félicite pour la qualité du suivi. Je m’interroge sur ce que deviennent les oiseaux, en particulier les passereaux, que vous observez au passage postnuptial. Y a-t-il des indices sur la direction que prennent ces oiseaux ? Vont-ils plutôt vers le sud-ouest ? Dans ce cas on les retrouverait à la pointe de l’Aiguillon. Ou vont-ils plutôt vers le sud. Dans ce cas on les retrouverait dans la vallée du Rhône. Y a-t-il des reprises d’oiseaux bagués qui puissent nous éclairer ?

Je vous remercie par avance, et s’il y a des publications sur le sujet je serais intéressé par les références.

Cordialement

La réponse de Edouard Lhomer le 05/01/2018 :

Bonjour Victor,

A priori, la majorité des migrateurs observés à la colline partent plutôt sud-ouest mais sur un axe Auvergne/Pyrénées atlantiques donc ils ne se retrouveraient pas à la pointe de l’Aiguillon. Il y en a aussi qui partent plutôt sur une direction sud donc vallée du Rhône/Pyrénées orientales.

Pour les données de reprise d’oiseaux bagués, je met en copie nos collègues d’Hirrus qui coordonnent le camp de baguage sur la colline de Sion en migration postnuptiale. Ils pourront t’apporter des éléments précis.

Bonne journée,

Edouard Lhomer

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A bientôt ! 

La réponse de Philippe Aubry le 05/01/2018 :

Bonjour Victor,

Je rejoins Edouard quant à la direction prise par les oiseaux passant par la colline de Sion. Je t’invite à jeter un coup d’oeil sur notre synthèse 2016 du camp de baguage (la synthèse 2017 est encore en rédaction). Un chapitre est consacré à l’origine des oiseaux passant par la colline et à leur destination une fois passés par le camp. D’une manière générale, les contrôles à la descente se sont fait en Espagne ou dans le sud-ouest/sud-sud-ouest de la France. Les contrôles obtenus depuis cette synthèse vont encore dans ce sens (Espagne, Portugal et près de Toulouse en France pour un accenteur cet automne). Les contrôles des oiseaux à leur remontée l’année suivante sont par contre beaucoup plus étalés géographiquement.

Bonne lecture, en espérant avoir répondu au moins en partie à tes attentes.

Cordialement

Philippe AUBRY
Chargé d’études
Association HIRRUS


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